Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 3.djvu/14

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
9
la reine aux grandes douleurs.

moi, je prends Dieu à témoin (il tendait la main droite vers une chapelle voisine) que je t’aimerais plus que nul de mes anciens amis. »

Banin repoussa les offres à plusieurs reprises, mais à la fin il trouva moyen de sauver son honneur en cédant aux prières de ses trois compagnons, mourants de faim. « Je consentirai, leur dit-il à rendre la tour, à des conditions qui ne nous feront pas honte. » Lors revenant à Claudas : « Sire, j’ai pris conseil de mes amis ; nous sortirons de la tour, et, comme je vous tiens à prud’homme, je veux bien demeurer avec vous, mais sous une condition : vous ferez droit, pour nous ou contre nous, sans autre égard que la justice. » Claudas consentit ; les Saints furent apportés, la convention jurée et les portes de la tour ouvertes.

Banin demeura plusieurs jours auprès du roi, dont il recevait le meilleur accueil ; le traître sénéchal du roi Banin était, de son côté, impatient de recevoir le loyer de sa félonie. Le roi Claudas cherchait à gagner du temps ; non qu’il voulut se parjurer, mais dans l’espoir de trouver moyen de se dégager. Un jour Aleaume, en présence des barons de Claudas, rappela la promesse qui lui avait été faite, et, le roi ne se pressant pas de répondre, Banin se leva en pieds et demanda à parler.