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la bretagne en interdit.

LXXII.



Mais que se passait-il en Bretagne, où séjournait encore le roi Artus ? L’effet du breuvage que continuait à lui servir la fausse Genièvre l’entretenait dans son funeste aveuglement. Peu lui importait le mécontentement de ses barons il se montrait partout avec elle, il partageait sa couche quand il ne tenait pas haute cour. Cependant, la nouvelle de l’injuste disgrâce de la véritable reine Genièvre s’était répandue jusqu’au delà des mers. L’apostole Étienne en avait été informé, et ne pouvant approuver qu’un si grand roi répudiât celle qu’il avait épousée devant Sainte Église, avant que n’eût été prononcée la nullité de son mariage[1], il envoya en Bretagne un cardinal pour faire cesser un tel scandale. Le roi Artus fut sourd aux remontrances du

  1. Ce fut précisément le cas du roi de France Philippe-Auguste, quand, après avoir répudié Isembour de Danemark, il fut contraint par le pape de la reprendre. Mais le rappel d’Isembour se rapporte à l’année 1201, et je crois que le Lancelot était publié, dix, vingt ou trente ans auparavant. S’il y a donc ici quelque allusion historique, elle se rapporte au divorce d’Aliénor d’Aquitaine, et au second mariage de cette princesse avec Henry II d’Angleterre.