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lancelot du lac.

nouveau bienfait. » Il disait cela tandis que Lancelot restait volontairement à l’écart pour s’abandonner à ses tristes pensées car il prévoyait que la compagnie de la reine allait lui être ravie. Galehaut, de son côté, craignait de perdre son ami, il avait néanmoins prié la reine d’user de tout son crédit sur Lancelot pour le déterminer à reprendre son ancienne place dans la maison du roi, parmi les compagnons de la Table ronde.

Le soir même, le roi et la reine furent, réunis devant Sainte Église, par les archevêques et évêques de la Grande-Bretagne. Mais Lancelot ne pouvait partager la joie publique ; il demanda congé à la reine et retourna en Sorelois, sans en donner avis au roi.

À deux jours de là, le roi prit à part Galehaut et la reine : « Je vous prie, leur dit-il, sur la foi et l’amour que vous me portez, de faire en sorte que Lancelot me pardonne et me rende sa compagnie. — Je lui parlerai, dit Galehaut, mais il n’est déjà plus ici ; depuis trois jours il a repris le chemin de mon pays. — J’en suis marri, dit le roi, je pensais lui faire cette demande à lui-même, après vous avoir parlé. Il a tant fait pour la reine qu’il n’aurait pu lui refuser. — Ah ! Sire, dit alors la reine, je ne trouve pas qu’il ait tant fait pour moi ; ne vient-il pas de partir sans nous