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retour de la reine.

de Malehaut ; ils confondent leurs larmes. Le lendemain, elle fait demander les barons de Sorelois pour les délier du serment qu’ils lui avaient prêté et qu’ils renouvelèrent en faveur de Galehaut. Grand fut le deuil de son départ parmi les dames, les demoiselles et tous ceux de la terre de Sorelois.

Elle avait séjourné comme leur reine deux ans et un tiers, depuis la Pentecôte jusqu’à la fin de février de la troisième année. Quand ils approchèrent de Carduel, Galehaut et Lancelot rencontrèrent le roi Artus, venu au-devant de la reine. Le roi leur fit le meilleur visage du monde, bien qu’il ne fût pas encore consolé de la mort de la demoiselle de Carmelide. Mais de tous ceux qui témoignèrent leur joie du retour de la reine, nul ne fut aussi ravi que messire Gauvain ; il courut vers elle les bras ouverts, et ne pouvait se lasser d’embrasser et baiser Lancelot et Galehaut.

Et Galehaut dit au roi : « Sire, je vous rends la dame que vous aviez confiée à ma garde. Si je n’ai pas tenu ce que j’avais promis, que Dieu et les sept Saints de cette église ne me soient jamais en aide ! » Et il tendait les mains vers la chapelle. « Je le crois, beau doux ami, répondit le roi ; il ne sera jamais en mon pouvoir de reconnaître ce que vous avez fait pour moi. J’aurai pourtant à vous demander un