Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 4.djvu/86

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
79
prouesse de lancelot.

de leur sang, allait encore s’élancer sur eux, quand Lionel arrêta son cheval « Par sainte Croix, lui dit-il, n’allez pas plus avant ; voulez-vous courir à la mort, et n’en avez-vous assez fait ? — Laisse-moi, Lionel. — Non, non par la foi que vous devez à votre dame, vous n’irez pas plus avant. »

À ces derniers mots, Lancelot retient son frein, soupire et tourne en arrière. « Oh ! Lionel, pourquoi m’avoir ainsi conjuré ! » Il rejoint en courroux les autres chevaliers : Soyez le bien venu ! dit en le revoyant mess. Yvain. — Ne parlez pas ainsi ; je reviens couvert de honte. — Comment l’entendez-vous, cher sire ? — Oui, je dois être honni ; n’aurais-je pas dû chasser les païens bien loin du détroit. — Vous auriez ainsi fait acte non de prouesse mais de folie. » Lancelot ne répond rien, mais tout en revenant avec les chevaliers il jetait des regards furieux et courroucés sur Lionel qui baissait la tête et n’osait tenter de l’apaiser.