Page:Parnasse de la Jeune Belgique, 1887.djvu/300

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Amour-Hôtel


Mon cœur est comme un Grand-Hôtel
Où descendent les bien-aimées,
Et sur leurs valises fermées
Volent des Amours au pastel.

Je les reçois sans leur rien dire,
Porte leurs malles doucement,
Puis elles suivent mon aimant,
Mon aimant aimant : le sourire !

Je leur murmure : « Très longtemps
Vous habiterez cette chambre,
Nous irons au bois de la Cambre
Le jour où nous aurons le temps.

« Vos yeux seront miens, votre lèvre
Sera mienne, et vos longues mains
Parcourront les moindres chemins
De mon corps éperdu de fièvre.