Page:Parnasse de la Jeune Belgique, 1887.djvu/301

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« Nous épuiserons les douceurs
Des frais baisers et des caresses,
Et savourerons les ivresses
Coupables de deux lèvres sœurs.

« Nous n’éteindrons pas la veilleuse
Pour voir notre crime éclairé,
Et le boudoir sera doré
D’une lueur mystérieuse.

« Le matin, très tard, le valet
Nous servira des liqueurs roses,
De la confiture de roses,
Et des pralines dans du lait.

« Nous ne verrons pas les musées
Ni les monuments publics, ni
Les églises — mais l’infini
Des voluptés inapaisées ;

« Et quand nous aurons tout bien vu,
Épuisé la table servie,
S’il n’arrive rien d’imprévu,
Nous nous quitterons pour la vie ! »