Page:Paté - À Molière, 1876.djvu/16

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Alors il nous voyait tels, hélas ! que nous sommes :
Les faibles opprimés, les méchants impunis,
Tartuffe haut placé dans l’estime des hommes,
Et les cœurs séparés qu’il nous montrait unis.

Les Don Juans debout sous des cieux sans tonnerre,
Célimène à son char attelant dix amants,
Et, non moins que Philinte, Alceste débonnaire
Reprenant à ses pieds sa chaîne et ses tourments ;

Les Trissotins jaloux insultant au génie,
Et les flatteurs du vice écrasant la vertu…
Alors, quittant son lit hanté par l’insomnie,
Il allait voir Corneille et lui disait : « Viens-tu ?

« Oh ! viens, mon vieux Corneille, exilons-nous du monde !
Dis-moi, comment fais-tu pour rester parmi nous ?
Viens aux champs, viens aux bois, goûter la paix profonde :
L’amère solitude est le bien le plus doux !