Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/110

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Calédonie, comme exemple de cette singulière superstition.

Un chef étant mort, sa veuve regarda un sacrifice comme indispensable ; mais, ayant choisi une victime de trop grande importance, il lui fut impossible, pendant quelque temps, d’accomplir son dessein. À la fin, le neveu du chef ne pouvant plus supporter les reproches continuels de lâcheté dont elle ne cessait de l’accabler, prit son fusil et partit pour le fort de la Compagnie, sur la rivière, à vingt milles environ. À son arrivée, il fut reçu avec bonté par M. Black, commandant du fort, qui exprima beaucoup de regret de la mort du chef, son vieil ami. Après avoir donné à l’Indien de la nourriture et un peu de tabac, M. Black eut à sortir de la chambre ; mais au moment où il ouvrait la porte, son hôte perfide lui tira par derrière un coup de fusil qui le tua roide. Le meurtrier réussit à s’échapper du fort, mais la tribu, qui était grandement attachée à M. Black, se chargea du soin de le venger en poursuivant à outrance l’assassin. Cela fut fait plutôt pour témoigner de la haute estime qu’on avait pour M. Black, que par aucun sentiment d’antipathie pour cette coutume.

Je n’ai jamais entendu, parmi les Chinooks, de traditions relatives à leur origine, quoique de semblables traditions soient communes parmi les habitants de l’est des montagnes Rocheuses. Ils ne croient pas à des peines futures, quoique, dans ce monde, ils s’imaginent être exposés aux mauvais desseins du Scoocoom ou génie du mal, auquel ils attribuent toutes leurs infortunes. Ils appellent le bon Esprit le Hias-Sock-a-li-Ti-yah, c’est-à-dire le grand chef, de qui ils obtiennent tout ce qui est bon dans cette vie, et les chasses heureuses et pacifiques, où ils iront tous un jour pour