Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/121

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chaque homme présent s’appliquât la bouche au bout du canon du fusil et soufflât dedans, leur affirmant que le fusil ne ferait aucun mal à quiconque serait innocent du vol, tandis qu’il ne manquerait pas de tuer le coupable, s’il voulait essayer d’en faire autant ; il donna lui-même l’exemple, et se mit à souffler dans le fusil posé à terre sur la crosse. Le chef suivit, ainsi que la tribu entière, à l’exception d’un homme qui resta assis la tête baissée, et qui se refusa à souffler comme les autres ; c’était convenir de sa faute, il la répara du reste en restituant le tabac.

Pendant son commandement à Walla-Walla, M. Mackensie donna, dans des circonstances très-difficiles, un autre exemple de grande présence d’esprit. Son secrétaire, dans une querelle, avait battu le fils d’un chef indien. Bientôt après, celui-ci réunit une grande partie de la tribu, et se précipita avec elle dans la cour du fort pour tâcher de s’emparer de celui qui l’avait offensé, et de le tuer. M. Mackensie tint, pendant quelque temps, les assaillants à distance ; mais voyant qu’il ne pourrait pas résister davantage, il ordonna à l’un de ses hommes d’aller chercher un baril de poudre qu’il déboucha, et, tirant une pierre et un briquet de sa poche, il s’assit dessus comme pour y mettre le feu ; il dit alors aux Indiens que s’ils ne partaient pas immédiatement, il leur montrerait comment un chef blanc pouvait mourir en détruisant ses ennemis du même coup. Les Indiens prirent l’alarme et s’enfuirent par les portes, qui furent aussitôt barricadées. Le jour suivant, le secrétaire se rendit secrètement à un autre poste.

Après avoir passé environ trois semaines dans la maison de M. Mackensie, je remontai la Walhamette pendant trente milles, en compagnie du P. Acolti,