Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/120

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cement et il y possède à présent les moulins les plus importants. Un grand obstacle cependant à la prospérité de la ville, c’est que les vaisseaux ne peuvent remonter la rivière que sur un parcours de quinze milles, à cause des rapides. Au point où la navigation s’arrête, se bâtit une ville qui rivalisera probablement avec Orégon en importance commerciale, si elle ne parvient à l’éclipser tout à fait. Le matin qui suivit notre arrivée, le thermomètre descendit à 7 degrés au-dessous de zéro. On ignorait à Orégon un froid aussi intense. Il causa la mort de presque tout le bétail qui vit d’ordinaire au dehors. Ce fut pour la Columbia un événement sans précédent et qui interrompit mon voyage. J’étais fort bien installé dans la résidence de M. Mackensie, qui charma pour moi les longues soirées de l’hiver par des récits intéressants de la vie indienne, dont il parlait en connaisseur. Qu’on me permette de raconter une ou deux de ses anecdotes.

M. Mackensie commandait un fort situé au sud de la Columbia, dans la Nouvelle-Calédonie ; on lui vola trois livres de tabac. C’était tout ce qu’il avait à cette époque, et, par conséquent, la perte était sérieuse. Il supposa le coup fait par quelqu’un des Indiens qui trafiquaient en grand nombre autour de l’établissement, et il demanda au chef de convoquer une assemblée de toute la tribu : il lui devait faire une importante communication. En conséquence, l’assemblée se réunit, et on s’accroupit par terre en laissant un espace libre au centre, où il se plaça avec son fusil de chasse qu’il chargea de deux balles ; après quoi il raconta la perte qu’il avait faite et exprima la conviction que quelqu’un des Indiens, en ce moment devant lui, avait commis le vol. Il leur dit qu’il désirait que