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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.

femme, la dernière fois que j’étais venu parmi eux. J’en convins. Un silence glacial suivit et je ne pus obtenir la moindre réponse à mes questions. En quittant la hutte, je rencontrai un métis qui me dit que Cowwachan venait de mourir et qu’on m’attribuait sa mort.

Je me procure immédiatement un canot et je pars pour le fort Vancouver, en aval de la rivière. Je rame toute la nuit, connaissant trop bien le danger que je courais si je venais à rencontrer quelqu’un de ses parents. J’arrive sain et sauf au fort Vancouver, le 20 juin, avec mon paquet de nouvelles du monde civilisé. Je dus y rester jusqu’au 1er juillet pour attendre les bateaux qui journellement arrivaient de la Nouvelle-Calédonie et de la Columbia supérieure avec fourrures et qui devaient partir de nouveau chargés d’approvisionnements d’hiver pour les postes de l’intérieur.

1erjuillet. — Les neuf bateaux composant la brigade avaient complété leurs approvisionnements et se disposaient à partir pour leurs différentes destinations. M. Lewis devait les commander jusqu’à son arrivée à Colville, son propre poste ; mais nous eûmes beaucoup de peine à réunir les équipages, s’élevant à soixante ou soixante-dix hommes. Les uns demandaient, avant le départ, leur allocation de rhum, ou régal ; on ne le distribue aux hommes de la compagnie qu’au début d’un grand voyage ; les autres, occupés à faire leurs adieux à leurs maîtresses indiennes, se trouvent difficilement ; en un mot, ils hésitent tous à renoncer à la vie de paresse et d’abondance des deux ou trois dernières semaines ; ils savent trop bien quelles fatigues et quelles privations les attendent.