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les indiens de la baie d’hudson.

huit ans, employant tous ses efforts à faire du bien aux Indiens de sa mission. Il a défriché et cultivé quarante ou cinquante acres de terre auprès de la rivière, et il nourrit un nombreux bétail, précieuse ressource pour sa famille. Je restai quatre jours avec lui, pendant lesquels il m’accompagna dans des courses chez des Indiens. Ces Indiens, les Kye-use, ressemblent beaucoup aux Walla-Wallas. Ils sont toujours alliés en temps de guerre et ils se tiennent par la langue et les habitudes.

Dr Sohitman me mena dans la tente d’un Indien nommé To-ma-kus. Nous le trouvâmes assis dans sa case tout à fait nu. Il présentait l’aspect le plus sauvage du monde, et comme je l’ai appris depuis, son caractère ne démentait en rien son apparence. Il ne sut ce que je faisais que lorsque j’eus fini mon dessin. Il voulut alors le voir, et me demanda si je ne le destinais pas aux Américains, qu’il détestait ; il se figurait que, s’ils possédaient son portrait, il tomberait en leur pouvoir. Je l’assurai en vain que ne leur donnerais pas. Cela ne lui suffit pas, et il essayait de le jeter au feu ; je lui arrachai alors mon dessin : il me lança un regard diabolique et parut entrer en fureur, mais avant de lui laisser le temps se remettre, je quittai la tente et sautai à cheval, non sans regarder en arrière s’il ne me lançait pas quelque flèche.

Généralement, quand je voulais faire le portrait d’un Indien, j’entrais dans sa tente, je m’asseyais, et je commençais à dessiner sans parler, car de cette manière, un Indien affectera de ne pas s’apercevoir de ce qu’on fait. Si mon dessin ne lui plaisait pas, il se levait et s’en allait ; mais si je le priais de poser, il