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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.

suffisante, on la coupe, avec la scie en blocs carrés semblables ; on en pave le sol de la glacière, et on verse dans les interstices de l’eau qui gèle et les réunit ensemble. On fait de même pour les parois verticales : on coupe les têtes et les pieds des bisons ; les carcasses, sans être dépouillées, sont divisées en deux parties et empilées jusqu’au haut de la glacière ; puis on recouvre le tout avec une couche épaisse de paille. De cette façon, la viande se conserve parfaitement bonne tout l’été, et devient bien plus tendre et plus succulente qu’à l’état frais.

Peu après mon arrivée, M. Harriett, deux ou trois personnes du fort et moi, nous nous préparâmes à une chasse de bisons. Nous avions le choix entre douze chevaux magnifiques de l’intérieur, puis dans une bande de sept ou huit cents qui rôdent en liberté autour du fort et destinés aux chefs de l’établissement. Un seul homme garde ce troupeau ; il les suit partout et campe près d’eux avec sa famille, en ramenant les chevaux qui vont trop loin. Ceci semble en apparence une besogne difficile ; mais l’instinct apprend bien vite aux animaux à ne pas s’écarter des habitations de l’homme ; comme ils se tiennent ensemble, ils font très-souvent de mauvais partis aux bandes de loups qui les entourent. Ces chevaux servent à envoyer le pimmikon et les provisions aux autres forts pendant l’été, car en hiver ils ne servent presque à rien. Le matin, nous déjeunons de bon appétit avec des poissons blancs, des langues de buffle, du thé et des galettes de farine. Nous montons ensuite à cheval et nous suivons la route tracée sur la glace par les hommes qui halent du bois. Après six milles de chemin, nous apercevons une bande de bisons sur la rive ; mais un chien qui nous a