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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.

18 août. — Retenus par le vent jusqu’à cinq heures du soir, nous y recevons la visite d’une grande compagnie d’indiens saulteaux ; nous nous embarquons dans la soirée, mais à six milles de là il faut de nouveau s’arrêter et y demeurer le jour suivant.

20 août. — Départ matinal avec un bon vent qui nous amène à l’embouchure de la rivière la Pluie. Des Indiens y recueillaient des baies de neige et des baies de sable : les dernières sont de gros raisins d’une couleur bleu rougeâtre, elles poussent sur de longues tiges ou sarments qui rampent sur le sable et elles sont très-bonnes à manger, une fois nettoyées. Nous campons à quatre milles au-dessus de la rivière, et sommes torturés par nos vieux ennemis, les moustiques ; ils étaient cette fois accompagnés de mouches noires.

21 août. — Exaspérés par les mouches, nous décampons de bonne heure. Nous sommes distraits par la méthode grotesque des Indiens pour haler les bateaux ; ils remontent pendant des journées entières, quand les bords ou même le lit de la rivière le permettent, et alors ils semblent amphibies, marchant à gué dans l’eau et nageant d’un côté à l’autre, sans penser à entrer dans le bateau. Ils se moquent beaucoup d’un de nos Canadiens, qui monte pour traverser dans un canot avec deux squaws, au lieu de se jeter à l’eau comme eux.

23 août. — Les hommes m’éveillent à deux heures du matin, et me tirent de mes chaudes couvertures ; ils avaient l’intention de pousser en avant ; mais juste au moment de partir, une violente pluie nous en empêche ; elle continue jusqu’à six heures : nous cinglons immédiatement. Le pays aux environs est très