Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/31

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Blanc » posa pour moi. Il était en deuil de sa femme, le deuil consiste en une couche de couleur noire étendue sur le visage. Il s’excusa de ne pas paraître en grand deuil, parce qu’une partie de la peinture s’était effacée. Il demandait ardemment du whisky pour se consoler de sa douleur. Après deux jours de marche, nous apercevions le camp Monomanee. La veille au soir, nous avions assisté à une pêche de saumons au harpon. La nuit, ce spectacle est fort pittoresque ; l’éclat rouge des pommes de pin et les racines enflammées attachées à l’avant de l’embarcation, font ressortir les corps bruns des Indiens sur l’eau et les bois d’alentour. On tue beaucoup de poissons de cette manière. Comme la lumière est très-vive et placée au-dessus de la tête des harponneurs, ils peuvent voir les poissons à une grande profondeur, et en même temps ces derniers sont fascinés.

Nous trouvâmes en cet endroit environ trois mille Indiens réunis et attendant avec impatience l’arrivée de l’agent pour leur rétribution. Il y avait aussi une grande quantité de marchands forains occupés à élever leurs baraques. Au bout d’une semaine, les bords de la rivière présentaient l’aspect d’une petite ville. Les baraques, placées par rangées sur le rivage, étaient remplies d’animation. À l’arrivée des Indiens, un conseil fut tenu, par trente chefs, sur une place réservée. J’y pris part sur l’invitation qui m’en fut faite par le chef Oscosh ou « le Brave des Braves ».

Il ouvrit la séance en allumant une pipe et, la passant à toutes les personnes présentes ; la pipe fit ainsi le tour de l’assistance. Les Indiens pensent que les flocons de la fumée montent au Grand-Esprit comme gage de l’harmonie qui préside à la réunion, et pour