Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/74

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joignît : il sauta dedans, et faisant force de rames, réussit à rattraper son canot, et à sauver ainsi un chargement d’une grande valeur. C’était un métis, et certainement un des plus beaux hommes que j’aie jamais vus. Nous campâmes sur le rivage, où nous demeurâmes jusqu’au troisième jour pour faire passer successivement toutes les marchandises. On rencontre habituellement dans ces parages des Indiens qui aident pour les transports, mais ils n’étaient pas là, pour notre malheur.

21 août. — Embarqués dans l’après-midi du 22, nous traversons le lac du Cèdre, pour rentrer dans la rivière Saskatchawan : d’innombrables petits lacs s’étendent sur tout le pays. Le 25, nous atteignons le « Pau, » église d’une mission anglaise, occupée par le révérend M. Hunter. Il habile une jolie maison, très-élégante à l’intérieur, décorée de peintures bleues et rouges ; c’est la grande admiration de son troupeau, qui se compose de la même tribu indienne qu’aux environs de Norway-House. M. Hunter m’accompagna à une case de magie, à peu de distance de son habitation. En y pénétrant, j’aperçus un sac en peau de loutre très-artistement travaillé, et en apparence rempli ; je demandai sa destination, et le magicien m’informa que c’était son sac de magie ; mais il ne voulut m’en laisser regarder le contenu que quand il eut appris que je dessinais et que j’étais moi-même magicien. Ce contenu se composait de morceaux d’ossements, de coquilles, de minéraux, de terre rouge et d’autres objets hétérogènes, d’un usage incompréhensible pour moi.

26 août. — Mais continuons notre route sur le bord de la rivière. Le 28 nous croisons l’embouchure de la