Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/98

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les hommes nous attendent avec les montures. Nous campons dans une petite prairie.

7 novembre. — Longue journée ; nous franchissons des points presque inaccessibles ou bien des forêts lugubres et épaisses ; en montant, la neige augmente, et nous commençons à sentir les effets du froid croissant et de la raréfaction de l’atmosphère.

8 novembre. — Nous voyons deux chèvres sauvages sur un rocher élevé et à pic, ne dépassant pas en apparence quelques pouces de largeur. Un de nos Indiens s’élance pour atteindre un rocher au-dessus des chèvres, parce qu’on ne peut pas les tirer d’en bas à cause de leurs yeux qui plongent toujours et les préviennent longtemps d’avance. Mais ces animaux n’en aperçoivent pas moins l’Indien et gagnent en quelles bonds des endroits inaccessibles.

Nous nous apercevons, le 9 novembre, non-seulement que nous sommes en retard, mais encore que nous avancerons lentement ; nous commençons à craindre que la troupe venue du fort Vancouver, qui nous attend avec des provisions et des bateaux de l’autre côté des montagnes, ne renonce à nous voir et ne rentre au fort. C’est pour nous la menace des plus cruelles souffrances, sinon de notre perte, car il nous faudrait repasser les montagnes avec peu ou point de provisions. Nous dépêchons donc en avant M. Gillveray avec le guide au campement des bateaux : pour nous, nous campons au Grand-Batteur, où nous trouvons des raquettes à neige cachées là par la caravane qui y est passée au printemps.

10 novembre. — Nous n’avons pas fait beaucoup de chemin que les chevaux sont pris dans la neige, et nous sommes contraints de nous arrêter pour donner