Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/116

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qu’il aurait dû passer son bâton à travers les oreilles du van et l’apporter sur son épaule. Le gars écouta avec attention cette observation et se promit d’en profiter.

Comme il ne voulait rien faire, et que quand il gardait les moutons il les laissait passer en dommage sur les champs dos voisins, sa mère lui dit d’aller chercher une pâtoure.

Il sortit avec son bâton à la main, et il demandait à chaque bergère qu’il rencontrait si elle voulait venir garder les moutons de sa mère. Elles refusaient toutes ; mais en passant par un chemin creux, il rencontra une petite fille assise sur une pierre, une gaule à la main, et qui pleurait.

Il lui proposa de venir chez sa mère ; la petite fille, qui avait été renvoyée le matin par le fermier chez lequel elle était gagée, et qui ne savait que devenir, accepta et se mit à marcher avec son conducteur.

Mais au bout de quelque temps, celui-ci se rappela ce que sa mère lui avait dit, et il passa son bâton à travers les oreilles de la petite bergère, malgré ses cris, et l’emporta morte sur son dos.

Quand la bonne femme le vit revenir ainsi, elle faillit tomber à la renverse, tant elle était saisie.

— Malheureux enfant ! tu as tué cette pauvre