Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/143

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— Dites à votre mari, bonne femme, de venir cette nuit voler ma jument dans mon écurie.

— Oui, monsieur, il le fera, répondit la femme en regardant la bonde du tonneau où elle vit que le Fin voleur repliait le doigt, comme il était convenu.

Le seigneur fit mettre sa jument sellée et bridée au milieu de l’écurie, et de chaque côté de la bête il plaça un gendarme en faction.

Au bout de quelque temps, l’un des gardiens s’ennuya de rester sans lumière dans l’écurie, et il dit à son camarade qu’il allait se coucher pendant une heure ou deux, et qu’il reviendrait ensuite le relever de faction.

— Au reste, pour plus de sûreté, prends dans ta main la bride de la jument.

Le Fin voleur, qui était aux aguets, le vit s’en aller ; bientôt il entra dans l’écurie, demanda au gendarme s’il n’y avait rien de nouveau et lui dit d’aller se reposer.

Dès que la sentinelle fut partie, le Fin voleur ôta à la jument tous ses harnais et les posa sur une broie ; puis il la fit sortir et l’attacha à un arbre peu éloigné avec un licou qu’il avait apporté de la maison. Il revint ensuite avec la bride qu’il passa dans la poignée de la broie, la prit à la main et attendit le retour du gendarme qui était parti le premier. Il lui remit alors la bride à la