Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/150

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recteur dans un sac qu’il lia par le haut, et qu’il attacha au joug des bœufs ; puis il les poussa devant lui en les faisant passer par les chemins les plus raboteux.

— Pardon, mes anges, criait le prêtre du fond de son sac.

— Hue ! disait le Fin voleur en aiguillonnant ses bœufs.

— Pardon, mes anges, répétait le recteur.

Le Fin voleur, arrivé auprès du château, ôta le prêtre de son sac et renferma à moitié mort dans une étable où était une grande truie, qui s’approchait de lui en grognant, comme pour le dévorer, pendant que le malheureux criait :

— Pardon, mes anges.

Le seigneur, que le Fin voleur avait été prévenir, vint délivrer son frère et lui dit :

— Tu te vantais d’être si sage : le Fin voleur t’a encore mieux attrapé que moi !


Une autre fois, le Fin voleur trouva un trésor, et remplit d’argent plusieurs sacs qu’il apporta chez lui, et demanda à son voisin le seigneur de lui prêter un boisseau.

Celui-ci, qui voulait savoir quelle sorte de chose le Fin voleur mesurait, enduisit de poix le fond de son godet, et une pièce de six francs y demeura collée.