Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/149

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Et quand le prêtre fut parti, il alla trouver le Fin voleur, qui se cacha, comme d’habitude, dans son tonneau.

— Dites à votre mari, ma bonne femme, de tâcher de jouer un bon tour à mon frère le prêtre : il s’est moqué de moi, et je serais content de le voir pris à son tour.

— Mon homme essaiera ; mais il n’est point facile d’attraper un prêtre.

Le Fin voleur partit pour aller à l’endroit où le frère du seigneur était recteur. Il trouva deux chats et les attacha par la queue, deux boucs qu’il lia pareillement, puis deux bœufs qu’il accoupla aussi. Il leur mit des chandelles sur la tête, et au moyen d’une corde il les promenait autour de l’église.

Quand, le matin, le sacristain vint pour sonner l’Angelus, il eut peur de cette procession et alla avertir le recteur. Celui-ci vint en toute hâte et dit :

— Que venez-vous faire ici ? Êtes-vous de Dieu ou du diable ?

— Je suis venu de la part des anges vous dire de payer votre servante, et de me donner le reste de votre argent, après quoi je vous conduirai en paradis.

Le prêtre alla porter les gages à sa servante, puis remit au Fin voleur le reste de son argent. Celui-ci le ramassa dans sa poche et fourra le