Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/153

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Le lendemain, le seigneur alla se promener et fut bien étonné de voir le Fin voleur.

— Comment, dit-il, tu n’es pas noyé ?

— Ah ! monsieur, combien je vous remercie de m’avoir jeté dans l’étang : le fond en est pavé de pièces d’or, et voici, ajouta-t-il en tirant de sa poche l’argent qu’il avait dérobé au marchand, une partie de ce que j’y ai trouvé.

— Mon ami, dit le seigneur, il faut que tu me rendes à ton tour le même service.

— Je le veux bien, quoique vous n’ayez pas eu hier l’intention de m’obliger. Mais je suis bon garçon, et je ne vous en veux pas.

Le Fin voleur mit le seigneur dans un sac bien solidement noué, et après y avoir attaché une lourde pierre pour que le seigneur fût plus certain d’aller jusqu’au fond, il le jeta dans l’étang, et revint bien tranquillement chez lui.

(Coûté en 1878 par Aimé Pierre, de Liffré, et par Jean Bouchery, de Dourdain.)


Le Fin voleur a de grandes ressemblances avec le Fin larron des Contes populaires de la Haute-Bretagne (n° XXXII). Voici les épisodes communs aux deux contes ; ce sont ceux : — de la Vierge consultée sur le choix d’un état (Cf. Luzel, Veillées bretonnes : les Finesses de Bilz ; Perron, Proverbes de la Franche-Comté, 1876, p. 30-31 ; on le retrouve aussi en Provence) ; — du four dévalisé (Cf. Luzel, ibid. ; Webster, La mère et son fis idiot) ;