Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/217

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II. Le Linceul promis.

Deux jeunes filles s’étaient promis que celle qui survivrait à l’autre lui fournirait le drap pour l’ensevelir. Peu après, une des jeunes filles mourut, et son amie ne songea pas à accomplir sa promesse.

Un soir que celle qui était vivante passait par le cimetière, elle vit un drap et le ramassa ; mais quand elle fut rentrée chez elle, elle entendit une voix qui répétait :

— Rends-moi mon drap ! rends-moi mon drap !

Pendant toute la nuit, ces mots résonnèrent à son oreille, et elle ne put s’endormir. Mais quand le jour arriva, elle n’entendit plus rien et retourna à son ouvrage, sans penser davantage à ce qui était arrivé. La nuit d’après, dès qu’elle fut couchée, la voix répéta :

— Rends-moi mon drap ! rends-moi mon drap !

Elle alla dès le matin se confesser au recteur, qui lui dit :

— N’avez-vous fait aucune promesse ?