Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/225

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dière se retourna et étendit de mon côté le bras qui tenait son battoir, comme pour me faire signe de ne pas avancer davantage, et je vous assure que je n’en fus guère tentée, car je vis, aussi vrai que je vous vois, que la lavandière avait une tête de mort. »


La croyance aux lavandières de nuit est répandue dans toute la Bretagne. (Cf. Souvestre, les Lavandières de nuit, et Dulaurens de la Barre, le Diable boiteux) ; mais généralement il ne s’agit pas, comme dans le petit conte ci-dessus, de lavandières-squelettes. Je connais en pays gallot nombre de doués qui passent pour être fréquentés par les lavandières de nuit : elles sont condamnées à revenir laver un drap — c’est généralement un suaire — en expiation d’une faute commise pendant leur vie. Les unes ont lavé le dimanche ; d’autres sont des mères qui ont tué leurs enfants. Elles essaient, mais en vain, de faire disparaître la trace de leur crime en lavant le linge. La même croyance existe en Basse-Bretagne, et, d’après M. Luzel, on dit que le linge qu’elles offrent à tordre aux passants contient lui-même un enfant nouveau-né qui crie et dont le sang coule.