Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/229

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était dans une barque ; la marée la porte à Redon, où des laveuses compatissantes le soignent. L’enfant grandit aussitôt ; c’était Jésus-Christ qui dit : « Rieux s’appauvrira tous les jours d’un sou, et Redon s’enrichira chaque jour d’un sou. »

Les légendes du Morbihan contiennent plusieurs récits relatifs à la vie des saints bretons (Cf. Saint Jugon, les Sept saints, Saint Gobrien, Le plus grand saint du paradis) ; je pense qu’en cherchant bien, on finirait par recueillir en Haute-Bretagne une foule de traditions sur les saints locaux.

Sur les voyages de Jésus-Christ en Bretagne, qui se retrouvent fréquemment dans les récits des Bretons bretonnants, j’ai deux légendes qui sont dans les Contes populaires de la Haute-Bretagne (le Mariage de Jean le Diot, n° XX, et Saint Pierre en voyage, n° LIII).

Il est assez fréquemment question, dans les légendes de la Haute-Bretagne, de ce qui se passe à la porte du paradis, voire même à celles de l’enfer et du purgatoire (Cf. Le Diable attrapé, n° XLI ; la Fève, n° XII, des Contes populaires, et plus loin, la Fève et Saint Antoine, portier du paradis), et plusieurs récits ont pour théâtre l’enfer lui-même (Cf. le Diable attrapé) ou le paradis (Cf. les Trois violoneux en paradis, n° LXV, les deux contes de la Fève, et celui de Saint Antoine).

Dans mon enfance, j’ai entendu raconter à Matignon le conte du Meunier en paradis ; le voici en substance : « Un meunier, avant de mourir, avait recommandé à ses enfants d’avoir bien soin de l’enterrer avec son quart (mesure à blé). Son désir fut accompli, et quand le bonhomme se trouva dans l’autre monde, il prit son quart sous son bras et arriva à la porte du paradis. Saint Pierre lui dit : « Que venez-vous chercher ici ? Vous savez bien qu’il n’y a pas céans de place pour les meuniers. — Je le sais bien, répondit le bonhomme ; mais je viens seulement pour regarder un petit peu. » Pendant qu’il était