Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/26

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commune de Plévenon, en est percé d’une douzaine au moins. A Erquy se trouve une grotte qui, au lieu du nom de houle, qui est le plus généralement employé, se nomme la Goule de Galimoux ; la grotte de Saint-Enogat, bien connue des baigneurs de Dinard, s’appelle aussi la Goule-ès-Fées.

L’imagination des habitants des côtes a peuplé ces grottes de personnages fantastiques et mystérieux : c’est là que demeuraient les fées, avec leurs maris et leurs enfants ; elles en sortaient à la nuit tombante pour se promener sur les falaises ou sur la mer. D’après plusieurs de mes conteurs, leurs grands-pères les avaient connues ; mais aujourd’hui elles ont disparu, et ils semblaient généralement croire que les fions — c’est le nom qui désigne, en plusieurs endroits, les fées des deux sexes — s’étaient retirés du pays à peu près au moment de la Révolution française.

Toutes les houles que je connais ont une légende, parfois deux ou trois ; ce sont les plus curieuses et les plus particulières, ce me semble, de toutes celles qu’on raconte dans le pays gallot.

Les quatre contes qui suivent ont pour théâtre des houles situées en quatre communes différentes : le premier a déjà été publié dans mes Contes populaires de la Haute-Bretagne, où se trouvent d’autres récits : la Houle de Chélin (n° IV) ; l’Enfant de la Fée (n° XVII), et la Fée et le Marin (n° XXII), qui se passent dans les houles de Saint-Cast ou dans celles de Plévenon.

Il est assez difficile de déterminer l’étymologie du mot houle, qui vraisemblablement ne vient pas du breton. C’est le mot anglais hole qui s’en rapproche le plus : il a la même signification, et M. Webster l’emploie à chaque instant pour désigner les demeures des Lamigna basques (cf. Basque Legends), qui ont quelque affinité avec les fées des Houles.