Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/265

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Ouvrez la porte, mes petits bichets,
J’ai du lait-lait dans mes tétés,
Du brou-brou[1] dans mes caunés (cornes),
Débarrez, mes petits, petits.

Quand les biquetons eurent ouvert, l’un se cacha dans un sabot derrière la porte, l’autre dans l’âtre du foyer, et le troisième derrière une manne.

Le loup revint à la cabane de la chèvre, et lui demanda si elle voulait s’amuser avec lui. La chèvre dit qu’elle voulait bien.

— Eh bien ! dit le loup, mets à chauffer une bassine d’eau, et nous nous amuserons à sauter par dessus.

Quand l’eau fut chaude, on la descendit du feu, et la chèvre dit :

— Saute, compère le loup.

— Non, saute, toi, commère la chèvre.

La chèvre sauta et ne tomba pas dans l’eau.

Quand ce fut le tour du loup, il prit mal son élan et tomba au milieu de l’eau, et il disait :

— Ah ! que je me brûle dur !

— Tourne-toi, répondit la chèvre, cela te brûlera moins.

— Ah ! je me brûle encore plus, dit le loup qui s’était retourné.

  1. Brou, lierre ; c’est un des noms qu’on lui donne en Haute-Bretagne.