Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/272

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— Eh bien ! au premier coup de hache que tu frapperas, le navire sera construit.

Quand Jean de l’Ours eut son navire qui marchait sur terre comme sur mer, il monta à bord, et se mit à voyager.

Il rencontra un homme qui était à lécher les meules d’un moulin, et il lui demanda ce qu’il faisait là.

— Je suis à lécher les meules de ce moulin qui n’a pas moulu depuis cent ans, et je sens encore le goût de la farine.

— Eh bien ! tu sens de loin, dit Jean de l’Ours ; veux-tu venir avec moi ?

— Très-volontiers.

Il monta à bord, et voilà le navire parti.

À quelque distance de là, ils virent un homme qui léchait les tuiles d’un vieux four.

— Que fais-tu là ? dit Jean de l’Ours.

— Je lèche les tuiles d’un four qui n’a pas été chauffé depuis plus de cent ans, et je sens encore le goût du pain.

— Tu sens de loin, toi ; veux-tu venir avec moi ?

— Volontiers.

Et les voilà tous les trois dans le navire qui marchait sur terre comme sur mer.