Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/276

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Dieu me danse, mon fu, i’ n’en coûterait trop chier ; vous n’ez point eun endrait qui n’coûterait pas tant ; je n’sommes pas riches.

La servante, en les entendant, se dit : « Ce sont des Jaguens ; i’ faut les mettre dans nos chiottes. »

Elle les conduisit dans un cabinet où il n’y avait point de lit, et elle leur donna un glon de feurre[1] pour se coucher dessus.

Vous n’ariez point eune petite presse pour mett’ nos effets ? demandèrent-ils.

— Si fait ; vous pourrez les mettre sur le coffre.

Les Jaguens se déshabillèrent, et, voyant au milieu du coffre une planche ronde qui recouvrait un trou, ils se dirent :

Par ma fa, mon fu, v’là un joli petit coff’e ; faut y mett’e nos effets.

Le lendemain, quand ils se réveillèrent, ils se dirent :

Faurait reprenre nos habits. Il a la mine ben fond, le coff’e.

Par ma fa, mon fu, faut que tu descenges dedans ; je vas te teni’ par les mains, et tu rattrapperas nos draps.

L’un des compagnons se laissa descendre, mais bientôt il s’écria :

  1. Gerbe de paille.