Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/283

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la nuit du samedi au dimanche, les jeunes garçons vont dans la cour des fermes, et ils disent : « Chanterons-je ? » Si on leur répond oui, ils chantent sur l’air d’Alleluia une longue complainte qui commence par ces mots :

Réjouissez-vous, peuple affligé ;
Jésus-Christ est ressuscité :
En peu de temps on le voira,
Alleluia !

Quand ils ont fini, on leur donne des œufs[1].

Dans le canton de Matignon, les chanteurs terminent leur chanson par ce couplet, qui se chante sur l’air d’Alleluia :

Si vous n’ez ren à nous donner,
Baillez-nous la fille de l’hôté[2] ;
Chacun de nous l’embrassera :
Alleluia !

Dans les communes voisines de Saint-Glen, quand le récitatif est terminé, on chante :

Si vous n’voulez ren nous donner,
Ne nous faites pas attendre :
Donnez-nos la servante ;
Le portous de panier
Est tout prêt de la prendre.

Dans le canton de Liffré, on termine par le couplet suivant, qui se chante surtout quand les gens ne se pressent pas de donner des œufs :

  1. Le même usage existe en Seine-et-Oise et probablement ailleurs. Cf. Mélusine, col. 143.
  2. De la maison.