Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/32

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Agnès prit un tison allumé et l’approcha du trou : à sa lueur, elle vit une belle main de femme qui s’en empara, et à chacun de ses doigts il y avait des anneaux brillants.

— Ah ! madame, dit Agnès, si vous vouliez me dire où je pourrais retrouver ma vache et mes moutons, je vous serais bien obligée, moi qui n’ai rien à donner à mes pauvres enfants.

— Tiens, répondit la fée, voici une petite boîte qui contient un onguent fait avec des cornes de vache et de moutons ; graisse les cordes qui attachaient tes bestiaux, et tu auras une vache et des moutons.

La pierre retomba, et le lendemain, dès qu’il fut jour, la bonne femme alla frotter la nâche qui lui avait servi à attacher la vache volée, et aussitôt elle vit une vache superbe ; elle frotta le tiers[1] qui servait à mener ses deux moutons à la pâture, et elle eut deux moutons plus beaux que ceux qu’elle avait perdus.

Agnès était bien contente ; toutefois elle regrettait de ne pas avoir demandé du pain. Elle y pensait à chaque instant et disait :

— Comment ferais-je bien pour prier la fée

  1. Dans le pays gallot, on appelle nâche (du breton nask) la corde qui attache les vaches, et tiers la corde qui sert à mener deux moutons au lieu où ils doivent pâturer.