Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/413

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blitent et déciditent qu’i’ fallait mett’e les pouées (poux) à paver les rues, surtout la principale qu’est la rue ès Chieuves. I’ les ramassitent de loux mieux, petits et gros, jeunes et vieux : il y en avait des vieux qu’avaint diqu’à sept ans. I’ les regarditent à la dent et ès cônes ; autant d’années, autant d’branches, et la raile de mulet tout olva (en descendant) le dos. I’ pavitent la rue de loux mieux et bien pavée ; mais sus la fin n’y avait pas de pouées assez. Les anciens tintent cor conseil et ditent : « Comment faire ? i’ faut pourtant que la rue se pave ». On print la mieure (meilleure) charrette et les cin’ mieurs chevaux, et les v’là en train d’aller sur le Gourâ. Iz arrivitent au village de Térué, et fitent leux chargement sus place, et leux ditent bien ceux de Térué de prenre do qua paver loux rues et que s’il’ en voulaint, i’ n’en araint point manqué ; car au Gourâ i’ n’en manquent point ; iz’ ont tous la réputation d’en avoir chacun un godet. Mais asteure les temps sont changés ; i’ les ont mis en métârie et en cheptel ; iz en mettent douze et le hourd[1], et vingt-quatre heures après i’ sont grands-pères.

Mais ’était au Gourâ qu’était le p’us vieux poué d’Europe ; il était comme un moyen co-

  1. Le mâle. Cf. le gallois howrd, bélier.