Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/49

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mais rapide comme une flèche, l’une des fées lui creva, avec la baguette qu’elle tenait à la main, l’œil que la pommade avait rendu clairvoyant.

C’est ainsi que le grand Cangnard devint borgne pour avoir voulu savoir les secrets des fées de la mer.


La pommade qui rend clairvoyant se retrouve dans plusieurs contes : dans la Pixie en mal d’enfant, légende du Devonshire, recueillie par Mistress Bray (Brueyre, Contes populaires de la Grande-Bretagne, conte 39), qui présente de singulières ressemblances avec la Goule-ès-Fées ; dans le Roi d’Égeberg, conte norvégien d’Abjörsen, traduit en français dans Mélusine, col. 84. Égeberg est une montagne au bord de la mer. Cf. également les Mille et une Nuits, histoire de l’Aveugle Baba-Abdallah.


Dans l’Enfant de la Fée (Contes populaires de la Haute-Bretagne, conte XVII), il est aussi question d’une pommade qui fait reconnaître les fées sous tous leurs déguisements. Cf. aussi la Sorcière et le nouveau-né, conte basque de M. Webster.


L’épisode de l’œil arraché, qui figure dans les deux contes précédents, se retrouve dans la Lamigna en mal d’enfant, légende basque du recueil de M. Cerquand. Il est intéressant de comparer avec la Goule-ès-Fées ce conte et ses trois variantes où il est question de Lamigna accouchées par des femmes.