Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/83

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Quand la Porcelaine fut lassée de s’ébattre dans l’eau, elle sortit pour se rhabiller ; mais elle eut beau chercher ses vêtements, elle ne put les trouver. Ses compagnes aussi cherchèrent partout ; mais, voyant qu’elles ne les retrouvaient point, elles s’enfuirent et la laissèrent seule sur le rivage, où elle se mit à pleurer.

— Qu’avez-vous à verser des larmes ? lui dit le jeune garçon en s’approchant d’elle.

— Hélas ! répondit-elle, pendant que j’étais au bain, on m’a pris mes habits, et mes compagnes m’ont abandonnée.

— Je vous ferai retrouver vos vêtements si vous consentez à venir avec moi.

La Porcelaine dit qu’elle voulait bien, et après lui avoir rendu ses habits, le jeune homme acheta pour elle un petit cheval qui marchait comme le vent. Le petit lièvre les ramena tous les deux pour aller chercher le Merle d’Or, et quand on fut arrivé auprès du château où il était, le petit lièvre dit au jeune garçon :

— Sois plus fin cette fois-ci que tu ne l’as été, et tu emmèneras le Merle d’Or et la Porcelaine ; prends la cage d’or dans ta main, et laisse l’oiseau dans celle où il est, que tu prendras aussi.

Le petit lièvre s’en alla ; le jeune garçon fit ce qui lui avait été dit, et les gens du château ne s’aperçurent pas qu’il emportait le Merle d’Or.