Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/82

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— C’est, répondit-il, que les gens du château ne veulent me laisser emporter le Merle d’Or que si je puis leur amener la Porcelaine.

— Tu n’as pas suivi mon conseil, dit le petit lièvre, et tu auras voulu mettre le Merle d’Or dans sa belle cage.

— Hélas ! oui.

— Ne te désespère pas ; la Porcelaine est une jeune fille, jolie comme les amours, qui demeure à deux cents lieues d’ici. Monte sur mon dos, et je te conduirai.

Le petit lièvre, qui faisait sept lieues à chaque enjambée, ne mit pas longtemps à parcourir les deux cents lieues, et il s’arrêta sur le bord d’un étang.

— La Porcelaine, dit-il au jeune garçon, va venir se baigner ici avec ses compagnes, et moi je vais aller brouter un peu de serpolet pour me nourrir. Quand elle sera dans le bain, tu lui cacheras ses habits qui sont d’une blancheur éclatante, et tu ne les lui rendras que si elle consent à te suivre.

Le petit lièvre s’éloigna, et la Porcelaine arriva presque aussitôt avec ses amies ; elle se déshabilla et se mit à l’eau ; alors le jeune garçon se glissa sans bruit et s’empara de ses vêtements, qu’il alla cacher sous un rocher à quelque distance.