Page:Pauthier - Le Ta-Hio, ou la Grande Étude, 1832.djvu/15

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§ 2. De là vient le proverbe qui dit : « Les pères ne veulent pas reconnaître les défauts de leurs enfans, et les laboureurs la fertilité de leurs champs. »

§ 3. Cela prouve qu’un homme qui ne sait pas orner sa personne (ou se corriger soi-même) est incapable de bien administrer sa famille.

Le Huitième Chapitre qui précède explique le précepte d’orner de vertus sa personne ou de commander à ses passions pour bien administrer la famille.


CHAPITRE IX.


§ 1. De même celui qui est appelé à gouverner un royaume doit avant tout savoir bien administrer sa famille. Quelqu’un qui ne sache pas instruire sa famille, et qui soit capable d’enseigner une nation d’hommes, cela ne s’est pas encore vu. C’est pourquoi le sage, sans sortir de sa famille, est capable de se perfectionner dans l’art d’instruire et de gouverner un peuple. Celui qui honore ses parens sert par là le prince ; celui qui remplit ses devoirs fraternels sert par là ses supérieurs ; celui qui est bienveillant étend cette bienveillance à toute la multitude.

§ 2. Le Kang-Kao dit :

(Un prince doit veiller sur son peuple) « comme une mère veille sur son jeune enfant. » Si le cœur de la mère est réellement attentif aux désirs de son enfant, quoiqu’elle ne connaisse pas exactement ce qu’il désire, elle ne se méprend pas beaucoup sur l’objet de ses vœux. Une mère ne commence pas par apprendre à nourrir et à élever ses enfans pour se marier ensuite.

§ 3. Si la famille du prince est humaine et charitable, la nation acquerra ces mêmes vertus. Si la famille a des manières condescendantes et polies, la nation deviendra condescendante et polie ; si le prince est avare et cupide, la nation se livrera aux troubles et à l’anarchie.