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L’ÂME INCONNUE

réel, bien que cette théorie eût été fort en faveur dans toutes les civilisations primitives.

On avait décidé que le tout n’était qu’un composé des parties, et cela rassurait sur les intentions du Léviathan tous ceux : qui pensaient que cet être supérieur n’existait qu’en fonction de ses cellules constitutives, c’est-à-dire des hommes.

Au surplus, l’idée de cet être supérieur n’était point neuve.

Thomas Hobbes fut un homme admirable en ce sens que, le premier de tous, il osa écrire, en 1654, en tête de son introduction au Léviathan, que si la nature est ce monde que Dieu construit et gouverne par son art divin, l’homme, de son côté, par industrie, produit en imitation un animal artificiel, et cet animal formidable, ce Léviathan, c’est la société, c’est l’État.

Hobbes a poussé sur ce point l’assimilation fort loin ; mais dominé comme il l’était par cette idée que le corps humain est dirigé par un pouvoir central très réel que l’on appelle l’âme, il a tout naturellement construit sa thèse en faveur du pouvoir absolu et de l’indiscutable autorité d’un monarque ne prenant conseil que de lui-même.

D’après lui, un roi qui serait soumis aux pauvres, aux débiles ou aux malhonnêtes gens ne serait ni divin, ni grand, ni en sécurité. Toute pro-