Page:Pawlowski-Voyage au pays de la quatrieme dimension - 1912.djvu/51

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
43
LA MAISON PLATE

sible pour moi et placé en dehors de la vision habituelle à trois dimensions, une extraordinaire petite maison plate à deux issues dont une face donnait sur la place de la Concorde et l’autre sur la terrasse de Saint-Germain. J’emploie nécessairement cette absurde expression « maison plate » parce que je ne trouve pas dans notre langue de mots capables de décrire cette maison qui, pour la vision à trois dimensions, eût été invisible de profil, dont les façades ne pouvaient être aperçues que sous un certain angle et dont l’entrée et la sortie se confondaient, se distinguant seulement par les endroits géographiques nettement différents du monde à trois dimensions où elles conduisaient.

Il n’en est pas moins vrai qu’après une première révolte atavique de tout mon être, il me fut permis de parcourir en tous sens et le plus naturellement du monde le domaine merveilleux qui m’était offert. Au surplus, il ne s’agissait même pas pour moi de déplacement : l’espace semblait venir à moi. Cela n’avait rien ni de la lévitation dont on a tant parlé, ni du transport mental à distance. C’était quelque chose d’infiniment plus simple que tout cela : une solution de l’univers, imprévue et définitive. Mon immobilité était analogue à celle de l’axe géométrique d’une roue lancée à toute vitesse. Je me déplaçais en restant