Page:Pays - Lettre à un ami, Le monde illustré, 1884-08-30.djvu/2

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LETTRE À UN AMI



Te rappelles-tu le chemin,
Où les buissons de grand matin
S’emplissaient d’un joyeux murmure,
Où j’ai, plus d’une fois songeur,
En écoutant battre son cœur,
Mis ma lèvre à sa lèvre pure ?

Ce sentier, que tu connais bien,
Ce sentier pour moi n’est plus rien ;
Je veux l’éloigner de mes rêves,
Ce sentier vert, où ses propos,
Comme des papillons éclos,
Me faisaient les heures si brèves !

Dans la ramure les pinsons
Accompagnaient de leurs chansons
Ses éclats de rire sonore !…
Tout cela, rire, chant, gaîté,
Serments faits pour l’éternité,
A passé comme un météore.