Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/128

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mais de liberté politique, de liberté générale étendue comme la marche du navire à la circonférence de l’univers. Les nations maritimes ont donné les premières l’exemple de cette émancipation sur une grande échelle : d’abord la Hollande, ensuite l’Angleterre, puis l’Amérique du nord et enfin la France au jour glorieux de la Bastille, et à ce jour-là les villes qui ont le plus marqué par leur intrépide amour de la révolution étaient précisément les grandes métropoles du commerce. Le vent soufflait de la mer.

Aujourd’hui, le travail à la mécanique a répandu sur toute la surface du pays une activité mille fois plus considérable que tout le labeur réuni du passé, et improvisé une population jeune comme le siècle, progressive comme lui, née de la liberté et pour la liberté. Aussi, partout où vous voyez la machine déchaîner à l’infini à côté de la machine son ouragan de vapeur, là vous voyez aussi, à travers l’épaisse atmosphère de houille, briller le feu sacré de la démocratie. C’est à Londres, c’est à Birmingham, à Paris, à Lyon, que l’âme du progrès a passé. Cette âme a pu errer sans doute au début ; mais, soyez tranquilles, elle saura bien distinguer un jour la chimère de la réalité.

Eh bien ! quand tout ce qui travaille dans le monde, depuis l’origine du monde, travaille pour affranchir l’homme et déposer sur le sol une nouvelle couche de liberté, et quand aujourd’hui même la vapeur, l’électri-