Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/150

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un vide immense peuplé seulement d’abstractions. L’école péripatéticienne sans doute a corrigé l’erreur, et a réintégré dans l’âme humaine, sous le nom de catégories, des idées retirées de l’âme humaine par Platon, et imprudemment essaimées à travers l’espace.

Est-ce à dire pour cela que les deux grands métaphysiciens de la Grèce ont fermé sur eux en partant les portes de la philosophie ? et qu’après eux l’esprit humain épuisé n’a plus qu’à balbutier éternellement leur parole, sans pouvoir découvrir par lui-même aucune nouvelle notion ? mais à ce compte, loin de dresser dans le Panthéon de l’humanité des statues à Bacon ou à Descartes, nous devrions au contraire condamner leur mémoire à l’oubli, car au lieu d’être des penseurs novateurs, originaux, ils ne seraient réellement que les doublures, que les ombres de l’antiquité.

Et remarquez que nous n’avons pas à rechercher ici, dans cette thèse du progrès, si Platon, si Aristote, ont eu l’un ou l’autre intrinsèquement, plus ou moins de génie que Descartes ou que Leibnitz ; discussion impossible et ensuite oiseuse ; mais bien, mais seulement si la philosophie moderne en possession de toutes les vérités de la philosophie ancienne, et par conséquent de tous les éléments des vérités nouvelles, a par des investigations plus nombreuses, plus suivies, mieux classé les facultés de l’âme, mieux approfondi les problèmes intimes de l’esprit humain, et les autres problèmes en dérivant par voie de conséquence. Poser la