Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/162

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tique, embrasse à la fois de Raphaël à Véronèse, de Véronèse au Poussin, du Poussin à Lesueur, de Lesueur à Rembrandt, et de Rembrandt au Lorrain, qui embrasse, dis-je, et réfléchit à la fois le ciel et la terre, la lumière et la vie, l’humanité et la nature, l’histoire et la légende, et sur cette scène infinie amène incessamment et représente inépuisablement tous les drames de l’homme, tous les moments de son âme, ses joies, ses fêtes, ses douleurs, ses tristesses, ses martyres, ses rêveries, ses intimités, ses tendresses, ses effusions, ses piétés, ses extases ? Et en face de toutes ces explosions du sentiment sur la toile et sur la muraille, en Italie, en France, partout en Europe, vous cherchez encore dans l’art une preuve de progrès ! Mais rappelez-vous donc, ou regardez donc encore une fois la Création de l’homme, par Michel-Ange le Spasimo, de Raphaël ; la Madone à la Seggiola, la Galathée, n’importe quelle œuvre tombée de la main de ce génie divin ; l’Eudamidas du Poussin le Bruno, de Lesueur ; le Christ au tombeau, du Titien ; la Noce, de Véronèse, la Leçon d’anatomie, de Rembrandt ; le Soleil levant, du Lorrain. Allez chercher ensuite dans votre mémoire ou sur place les derniers débris, les glorieux survivants de l’art antique, les marbres de Phidias, les chefs-d’œuvre, à la suite, du Vatican, les peintures au choix d’Herculanum ou de Pompéi, et si, après cette confrontation attentive des inspirations de l’art dans l’antiquité et des inspirations de l’art à l’époque de la renaissance, vous per-