Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/20

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II


Vous avez sans doute parcouru l’année dernière le palais de l’Industrie et passé la revue du génie humain. Traversons encore une fois, de souvenir, cette église universelle du travail. Nous pourrions croire, au premier aspect, assister au mystérieux enfantement du chaos, comme au jour où le souffle passa sur la matière et où la matière entra en mouvement.

Sous cette architecture de verre, chrysalide transparente d’un monde nouveau en voie de formation, l’œil ne saisit d’abord que des formes, que des couleurs jetées, entassées pêle-mêle sans logique de lieu ou d’idée ; et, à travers ces masses, ces choses étranges, accouplées ensemble, étonnées d’être accouplées, des bruits vagues, des soupirs profonds d’orgues ou de pianos errent confusément et meurent comme les spasmes et les mots entrecoupés des oracles de la Pythonisse.