Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/33

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Eh bien ! par toutes ces découvertes de nos pères inconnus, replongés dans la nuit ; par toutes ces richesses gratuites accourues, en quelque sorte, à ta rencontre, du fond des siècles passés, rends à l’humanité, dans ta mesure, ce que l’humanité t’a donné à ta naissance ; paye la dette de l’ancêtre, mets à la masse, apporte-lui ton contingent d’œuvres et d’idées.

Car les œuvres, car les idées sont comptées, et, petites ou grandes, l’avenir les retrouvera toutes dans l’inventaire de son héritage. Les hommes, sans doute, ont beaucoup souffert pendant leur rude pèlerinage à travers l’histoire, et souffrent encore par indigence ou par ignorance, mais chaque jour la somme de travail à faire pour vaincre cette double misère du corps et de l’esprit diminue de toute la somme du travail déjà fait depuis le jour de la Genèse.

Or, le travail, ainsi accumulé à l’infini sur le travail, constitue le capital social de l’humanité. Ce capital, toujours grossissant d’heure en heure par le simple fait de l’activité humaine, constitue le phénomène historique du progrès. Le progrès, voilà le rédempteur, en détail, j’en conviens, mais enfin le rédempteur de toute sujétion ou de toute impuissance. Qu’importe le mal après cela ? Il est assurément. Mais il est de moins en moins ; accident de passage, ou plutôt aiguillon de notre destinée. Si le passé en a toujours eu raison jusqu’à ce jour, pourquoi l’avenir manquerait-il de parole au passé ? Courage donc, mon fils, et à