Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/60

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


pas encore venue, mais qui va bientôt venir. Cette chose, c’est l’humanité.

Donc, pour nous résumer : Progrès du végétal sur le minéral, de l’animal sur le végétal, et de l’homme sur l’animal. C’est là et uniquement là, pour l’œil comme pour l’esprit, la réponse de la nature, écrite en traits vivants à la surface de la planète. La science a enregistré cette réponse et décalqué sur elle sa classification. Buffon avait soupçonné le premier ce dogme d’histoire naturelle. Geoffroy-Saint-Hilaire l’a démontré jusqu’à la dernière évidence. Humboldt accepte la théorie de Geoffroy-Saint-Hilaire comme une vérité acquise la physiologie, et, à l’appui de cette théorie, il cite cette parole d’un homme à la fois grand poëte et grand naturaliste : La nature, dit Goëthe, dans le développement organiques des êtres, marche sans repos ni arrêt, et elle attache sa malédiction à tout ce qui retarde ou suspend son mouvement.

Le poète a bien dit cette fois, la nature marche, et comme le semeur elle sème la vie en marchant.

Un premier pas, et voici le sol sans autre activité intérieure qu’une sourde chimie.

Un second pas, et voici la plante, et la sève coule et porte de la fibre à la fibre la forme et la couleur.

Un pas encore, et voici l’animal, et la sève prend feu au contact de l’oxigène, et bat le rhythme de la vie dans l’artère.

Un pas enfin, et voici l’homme, et l’intelligence paraît