Page:Pelletan - Les Associations ouvrières dans le passé.djvu/36

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pouvait trancher les difficultés ; le collège établissait une étroite solidarité entre les travailleurs d’une même profession ; mais entre les associations ouvrières de l’antiquité et les associations modernes, les différences frappent de suite. Elles tiennent à la différence des civilisations.

Imaginez un Empire long d’un millier de lieues, comprenant cent races diverses d’origine, de langue, de religion, de culture ; les nivelant patiemment et les mêlant en un mélange confus, où la corruption servile des nations pourries de l’Orient se joignait à la barbarie des nations de l’Europe. Avec le temps, l’idée de patrie s’efface et avec elle l’idée de droits. Nulle révolte n’est possible contre un maître qui peut écraser chaque insurrection locale des forces du reste du monde. Peu à peu, on se soumet, on se résigne, on oublie, on ne comprend même plus le mot de liberté. Avec toute idée de résistance, [disparaît]