Page:Perey - Histoire d'une grande dame au XVIIIe siècle, La comtesse Hélène Potocka, 1888.djvu/159

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LA COMTESSE HÉLÈNE POTOCKA.

Son hospitalité et sa bonne grâce attirèrent chez elle une nombreuse société polonaise à laquelle vinrent se joindre tous les émigrés français qui peuplaient le voisinage.

L’aimable Valentin Esterhazy, l’ami du prince de Ligne et le serviteur dévoué de Marie-Antoinette, habitait l’Ukraine avec toute sa famille. La comtesse Diane de Polignac, ses frères et leurs enfants, le comte et la comtesse d’Aragon, née du Saillant, petite-fille du marquis de Mirabeau et ancienne amie d’Hélène, qui l’avait attirée en Ukraine, le marquis et la marquise de Badens et leurs filles, puis d’autres qu’il serait trop long d’énumérer, faisaient de ce pays « une nouvelle France » comme le disait la princesse Lubomirska.

Hélène, restée Française de cœur et caressant toujours le rêve de revoir son Paris bien-aimé, accueillit les émigrés avec l’empressement d’une compatriote cherchant par tous les moyens à venir en aide à ceux qu’elle avait connus au temps de leur splendeur ; elle s’intéressa tout particulièrement aux Badens, amis des d’Aragon.

Partis en hâte au moment de l’incendie de leur château auquel les paysans avaient mis le feu après l’avoir pillé de la cave au grenier, les Badens rejoignirent les d’Aragon, mais, arrivés à