Page:Perrault - Contes des fées, 1886.djvu/10

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
10
Contes des fées.

raine, qui la vit tout en pleurs, lui demanda ce qu’elle avait. Je voudrais bien… Elle pleurait si fort, qu’elle ne put achever. Sa marraine, qui était fée, lui dit : Tu voudrais bien aller au bal, n’est-ce pas ? Hélas ! oui, dit Cendrillon en soupirant. Hé bien, seras-tu bonne fille ? dit sa marraine ; je t’y ferai aller. Elle la mena dans sa chambre, et lui dit : Va dans le jardin et apporte-moi une citrouille. Cendrillon alla aussitôt cueillir la plus belle qu’elle put trouver, et la porta à sa marraine, ne pouvant deviner comment cette citrouille la pourrait faire aller au bal. Sa marraine la creusa, et n’ayant laissé que l’écorce, la frappa de sa baguette, et la citrouille fut aussitôt changée en un beau carrosse tout doré ; ensuite elle alla regarder dans la souricière, où elle trouva six souris toutes en vie. Elle dit à Cendrillon de lever un peu la trappe de la souricière, et à chaque souris qui sortait, elle donnait un coup de sa baguette, et la souris était aussitôt changée en un beau cheval, ce qui fit un bel attelage de six chevaux d’un beau gris de souris pommelé. Comme elle était en peine de quoi elle ferait un cocher : Je vais voir, dit Cendrillon, s’il n’y a point quelque rat dans la ratière, nous en ferons un cocher. — Tu as raison, dit sa marraine, va voir. Cendrillon lui apporta la ratière, où il y avait trois gros rats.