Page:Perrault - Contes des fées, 1886.djvu/11

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
11
Cendrillon.

La fée en prit un d’entre les trois, à cause de sa maîtresse barbe ; et l’ayant touché, il fut changé en un gros cocher, qui avait une des plus belles moustaches qu’on eût jamais vues. Ensuite elle lui dit : Va dans le jardin, tu y trouveras six lézards contre l’arrosoir ; apporte-les-moi. Elle ne les eut pas plus tôt apportés, que sa marraine les changea en six laquais, qui montèrent aussitôt derrière le carrosse avec leurs habits chamarrés et qui s’y tenaient attachés comme s’ils n’eussent fait autre chose de toute leur vie. La fée dit alors à Cendrillon : Eh bien ! voilà de quoi aller au bal, n’es-tu pas bien aise ? — Oui, mais est-ce que j’irai comme cela avec mes vilains habits ? Sa marraine ne fit que la toucher avec sa baguette, et en même temps ses habits furent changés en des habits de drap d’or et d’argent, tout chamarrés de pierreries : elle lui donna ensuite une paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde. Quand elle fut ainsi parée, elle monta au carrosse, mais sa marraine lui recommanda sur toutes choses de ne pas passer minuit, l’avertissant que, si elle demeurait au bal un moment de plus, son carrosse redeviendrait citrouille, ses chevaux des souris, ses laquais des lézards, et que ses vieux habits reprendraient leur première forme. Elle promit à sa marraine qu’elle ne manquerait pas de sortir du bal